Témoignages sur le crédit à la consommation
Des internautes surendettés, fichés par la Banque de France ou qui ont eu des soucis suite à la signature de crédit revolving témoignaient jeudi dernier sur LeMonde.fr
Premier témoin, Fabien P. a qui la banque a accepté de lui octroyer un crédit à la consommation sans demander de bulletin de paie alors qu’il était dans une situation financière fragile. « Aujourd’hui, après trois ans de combat et deux dépôts de dossiers de surendettement qui ont fait l’objet d’un appel de la part des organismes prêteurs pour mauvaise foi, j’ai pris conscience de ma situation et je l’assume. Je souhaite rembourser, mais je ne peux entrer dans un dispositif de surendettement comme celui de la Banque de France. Une partie de mon salaire est saisi (450 € sur 1 700 €), mais à défaut d’un traitement global de mon dossier, je vais rembourser toute ma vie des intérêts… ».
Michel B. explique ensuite sa situation « Pour un gros achat, j’ai bénéficié d’un crédit gratuit pendant quatre mois. Le paiement devait se faire par prélèvement automatique. Alors que mon compte était correctement approvisionné, le prélèvement n’a pas eu lieu. L’organisme m’a accusé de ne pas avoir approvisionné mon compte, alors que c’était son ordre de prélèvement qui était erroné. En représailles, l’organisme de crédit est passé à un prélèvement mensuel avec intérêts que j’ai refusé, et qui de toute façon n’a pas pu être effectué, puisque tous les ordres de prélèvement étaient erronés. Je n’ai réglé que le principal, par chèque. Juste après, des prélèvements ont commencé à apparaître sur mon compte, prélèvements auxquels j’ai dû faire opposition puisque je ne devais plus rien. ». L’organisme de crédit en question lui réclame encore de l’argent via une entreprise de règlement des contentieux. Il plane sur lui le risque d’être inscrit au fichier FICP (Fichier national des incidents de paiement des crédits aux particuliers) mais ne veut pas céder. Michel.B conclut par cette phrase : « Il serait souhaitable que la loi n’autorise l’inscription à ce fichier qu’à la suite d’une condamnation définitive en justice. ».
Puis vient le tour d’Aleix dont le témoignage commence par : « Je suis endettée et au bout du rouleau ! ». Elle a contracté un crédit revolving dans une banque pour financer l’achat d’appareils ménagers. « J’ai choisi de passer par une banque, qui me semblait moins “incitatrice” et plus prompte à la surveillance. Du moins, c’est ce que je croyais. Je connaissais le principe du revolving et je savais qu’il valait mieux rembourser vite et par anticipation. Le problème, c’est que même si vous dites la vérité sur vos revenus ou sur vos autres crédits, ils n’en tiennent pas compte. Quelques mois plus tard, vous êtes une “bonne cliente” et on vous propose plus d’argent ! On vous incite à emprunter par des lettres, des prospectus, et même des SMS. Et si par malheur vous êtes à découvert en fin de mois, “pas de souci”, votre banquier vous autorise à piocher dans la réserve d’argent… ».
La réserve d’argent du crédit revolving est au cÅ“ur du témoignage de Jean-Louis D. Il a contracté ce type de crédit à la suite d’un accident de la vie. « J’ai demandé une réserve de 4 000 euros, on m’a octroyé un droit à dépenser de 8 000 euros, au taux d’usure. Et depuis, je reçois chaque mois un courrier me rappelant que je dispose d’une réserve de plusieurs milliers d’euros et m’incitant à m’en servir, que ce soit pour profiter des soldes ou partir en vacances, mais sans repréciser à chaque fois que tout euro utilisé sera remboursé quasiment le double. C’est scandaleux. ».
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